Baudouin de Jaer - Nouveau double CD !

Baudouin de Jaer présente son nouvel Opéra réalisé avec Stéphane Arcas. (2 CDs sortis chez SubRosa)

En 3 Actes : La Forêt, Le Désert et L'Argent
Avec l'ensemble Besides sous les directiosn de Martijn Dendievel et Diego Borrello

COMMANDER CD : baudouin.dejaer@gmail.com 

LE SYNOPSIS (Stéphane Arcas)
Triptyque théâtral écrit par Stéphane Arcas entre 2008 et 2011, La Forêt, relate la traversée et la survie d’un trio perdu en terrain inconnu, Le Désert présente une quête existentielle dans un décor hostile et sans limites, L’Argent, parle de notre rapport au réel et à la mort.
Chaque texte explore les clichés liés au monde qu’il traverse. 
Dans La Forêt, par exemple, les scènes s’enchaînent et les personnages prêtent au lieu la forêt un statut différent. Ils en parlent, ou plutôt, la joue comme s’ils étaient dans un film d’horreur, ou dans le décor d’un conte de fée, ou dans une autre scène, la décrive comme si elle était une image travaillée sur Photoshop, ou tout bonnement une interprétation psychanalytique de leurs émotions. 
Pour les deux actes suivants, c’est ce même mécanisme décliné et adapté au contexte spécifique de chacun : dans Le Désert, c’est un univers tantôt guerrier, tantôt biblique, tantôt sentimental à l’extrême que nous traversons. 
Dans le cas de L’Argent, c’est une traversée et une variation autour des séries, de la science et du psychédélisme sur lequel nous surfons. Il s’agissait de l’envie de créer des variations textuelles libres en les superposant à sa vision de chacun de ces trois éléments qui servent de fil d’Ariane. 
Ces thématiques (clichés métaphysiques) sont prétexte à disserter, à plaisanter, à jouer avec le langage.

LA MUSIQUE (Baudouin de Jaer)
La Forêt, Le Désert, L’Argent est une composition visualiste dans laquelle la structure est mise en volumes : masses cubiques, lignes (verticales, horizontales et obliques), des points ou des îlots sonores, des nappes, des profondeurs et des suraigus. Dans cette perspective, les dynamiques fortes rapprochent la matière vers l’auditeur. Inversement, les pianissimo portent la matière (parfois des pans entiers de décors sonores) à l’arrière-plan. Quelques objets sont mis en sons : une épée (dans la scène de la bataille/acte II), une église (grande puis plus petite, en écho), la Terre qui tourne. Ces dessins, qui ne sont sans doute pas perceptibles par l’auditeur, donnent une cohérence stylistique à l’ensemble.
En composant, les dessins sonores sont assemblés. Pour ce faire, les parties principales, les accompagnements et les décors sonores (des images parfois mouvantes : l’épée, la Terre qui tourne) sont posés aux endroits temporellement les plus adéquats. L’harmonie (la verticalité des accords et l’harmonie horizontale) tient alors du résultat du positionnement de ces dessins dans l’espace instrumental et temporel : mis à part cette disposition visuelle/sonore, il n’y a donc que fort peu de contrôle harmonique vertical. Ceci accentue la difficulté des chanteurs à trouver leurs repères quant aux hauteurs de notes (Hz) à chanter. Cet éclatement de l’harmonie ne joue pas de micro-tonalité ni de spectralité (fort peu de sérialité), là où l’agencement des fréquences est remplacé par un jeu d’agencement des éléments sonores porteurs d’énergie propre et d’images. Par exemple, dans l’acte II, les harmoniques (les rayons du Soleil) traversent les neufs triangles de la mélodie du ténor (triangles représentant les fenêtres gothiques du couvent des Clarisses et dont la mélodie s'achève sur le mot fenêtre). Il s’agit d’une écriture linéaire et épurée : plus encore, on y trouve quelques textes (longs ou courts) non chantés [la récitation de textes étant par essence mélodieuse] et sans accompagnement musical.

 

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