Dreams & Realities
Ensemble21, Marc Collet, Frédéric Verrières, Albane Carrère
Visions rêvées de la musique de Debussy et de Ravel
Une musique née d'une autre musique
Programme :
Frédéric Verrières – Piano Tooner ( mini ciné-concert à partir d’un cartoon de 1937)
pour trio avec bruiteur-performer
Claude Debussy – Prélude nr. 4, Livre I - "Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir"
pour piano solo
Frédéric Verrières – Evening Harmony
pour piano solo et 3 musiciens
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Maurice Ravel – Le Cygne. Histoires naturelles pour piano et voix lyrique
Frédéric Verrières – Le Signe pour ensemble et deux[CM1] voix
Maurice Ravel – Le Martin-pêcheur. Histoires naturelles pour piano et voix
Frédéric Verrières – Alcedo atthis pour ensemble et voix, création 2027
Claude Debussy – Cloches à travers les feuilles pour piano solo
Frédéric Verrières – À travers pour ensemble et voix
Dreams & Realities
Ce concert est comme un miroir déformant. Devant ce miroir sonore, des œuvres musicales se présentent, déjà composées, par Ravel et Debussy. Sous l’effet de ce miroir, elles dévoilent ce qu’elles contiennent virtuellement. Tout au long du concert, cette virtualité devient une réalité, les œuvres originales réapparaissent comme des visions fantasmées par Frédéric Verrières, toujours reliées, toujours modifiées. L'ensemble est une fantasmagorie, au sens ancien du mot : ce spectacle d'apparitions où des images projetées grandissent, vacillent, se dissolvent. Rien n'y est cité, tout y est déplacé, transformé.
Debussy et Ravel ont été pour Frédéric Verrières la révélation de sa vocation, les œuvres à partir desquelles il a commencé à imaginer sa propre musique. Il lui a fallu inventer des techniques d'écriture capables de s'approprier ces pages, en inventant de nouvelles règles pour la variation, la paraphrase, l'arrangement, la transcription, autant de techniques qui traversent l'histoire de la musique.
Désormais, imaginez que chaque note soit le pixel d'une image sonore. Verrières en défait la trame, en isole les grains, les redistribue dans le temps et dans l'espace : un accord devient espace acoustique, une ligne se disperse entre les instruments. Le lien au modèle n'est pourtant jamais rompu – tantôt la source affleure, tantôt elle a disparu, tantôt elle revient étrangement transformée.
Ces trois sources composent déjà un son en train de se disperser. Dans Le Martin-pêcheur et Le Cygne, des Histoires naturelles, Jules Renard impose au chant l'immobilité du guet. Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir fait de la circulation aérienne son sujet même ; Cloches à travers les feuilles invente une acoustique de la distance. Verrières ne leur ajoute rien : il rend audible ce qui y restait à l'état de possible. Il n'y a rien à savoir pour les écouter. Il suffit d'accepter le va-et-vient : reconnaître, perdre, retrouver. Ce concert ne demande pas de choisir entre le rêve et la réalité, mais de les entendre l'un dans l'autre.
BIOGRAPHIES
FRÉDÉRIC VERRIÈRES
Frédéric Verrières compose pour le concert, le théâtre et le cinéma. Il fait ses études au CNSMDP chez G. Grisey, M. Lévinas, M.-A. Dalbavie, puis à l’Ircam avant d’être pensionnaire de la Villa Medici. Sa musique est liée de manière organique aux œuvres du répertoire musical. Il s'approprie des œuvres historiques en les réinventant selon une logique qui appartient pleinement à la culture de notre époque. Il rencontre ainsi la musique de Bach, Debussy, Chopin, Ravel, Verdi, Coltrane ou bien encore le flamenco, le folklore des Balkans, la pop et l'électro et compose à partir de ces modèles musicaux des fantasmagories musicales qui dévoilent un au-delà du territoire sonore dans lesquelles elles ont été composées initialement.
Par-delà la distance historique, ces fantasmagories mettent donc en œuvre la rencontre directe du texte original avec l’actualité de la création artistique. Comme dans un théâtre d’ombres portées, l’image première, la forme et le style du modèle se mettent à trembler entre reconnaissance partielle, citation exacte et dissolution dans la contemporanéité.
ENSEMBLE21
Fondé à l’aube du XXIe siècle, l’Ensemble21 est né de l’urgence de proposer un regard alternatif sur la musique d’aujourd’hui. Convaincu de la nécessité de faire de la musique actuelle un art vivant et proche du public, l’Ensemble21 privilégie sa relation aux arts de l’espace et à la dimension poétique dans le choix de son répertoire. C’est l’œuvre de Luciano Berio qui réunit une première fois l’Ensemble21 en 1999, pour un concert au Musée d’art spontané chaleureusement salué par la critique musicale. Depuis, l’Ensemble21 n’a de cesse de se distinguer par la rigueur et l’enthousiasme de ses prestations et allie des qualités prétendument contradictoires : le souci du détail et la spontanéité. Dans cette optique toujours renouvelée, l’Ensemble21 a présenté au public ces dernières saisons des programmes mêlant subtilement des œuvres d’époques variées. Actif au sein de la nouvelle génération de compositeurs, l’Ensemble21 apporte son concours à la création d’œuvres belges. Toujours en quête d’expériences nouvelles, l’Ensemble21 allie musique et arts plastiques, vidéo et électronique.
www.ensemble21.be
CC Le Senghor