Isabelle Sainte-Rose

« Sainte-Rose » est le nom d’une ville en Guadeloupe, colonie restée française. C’est aussi le nom donné et reconnu à Isabelle par son père martiniquais. Isabelle est donc dès son enfance entourée de deux cultures musicales et d’une structure et d’un passé familial singulier et riche. D’origine ouvrière et modeste, sa famille l’encourage à commencer l’apprentissage du violoncelle à l’âge de 8 ans.

A 18 ans, elle poursuit à Paris ses études de violoncelle et commence celles de musicologie à la Sorbonne. Si ces apprentissages sont très classiques et conventionnels, Isabelle aime explorer les marges et la polyvalence artistique. Cela la mène à faire des études de musicienne intervenante au CFMI Paris 11. C’est là qu’elle découvre l’improvisation et commence à faire de la musique avec des objets et des sons du quotidien en live ou enregistrés.

Ces formations différentes ont nourri son goût et son besoin de lien, de transmission, de partage et de participation des publics. Dès son arrivée à Bruxelles en 2008, elle travaille avec des publics et dans des contextes très différents, aussi bien dans des écoles avec des enfants défavorisés, qu’avec Bozar et l’ONB, pour lesquels elle conçoit et anime des concerts pédagogiques. Avec l’écoute de soi, des autres et du monde comme boussole, elle invente un jeu sonore intergénérationnel au MIM et guide des créations sonores collectives au Cinéma Nova et dans le projet Vis à Vis avec le BRASS.

En parallèle à ces activités pédagogiques, elle continue l’improvisation (Duo Life is knife). A partir de 2014, elle collabore également comme créatrice sonore et musicienne à des projets comme Midget !, Half Asleep et Ensemble 0. Elle compose aussi des pièces pour violoncelle, synthétiseurs et loopstation, comme « Collines » et « Westende », paysages sonores immersifs, voyages sensoriels puissants et sensibles.

Passionnée par les sons aussi bien que révoltée par les injustices, elle réalise un premier documentaire radiophonique, « Ne pleure pas ! » (2023), qui au travers de témoignages parle de la maltraitance des enfants. En plus de la réalisation, elle y crée la musique et le bruitage.