Orgue en effusion

Sous titre
Stéphane Orlando - Denis Bosse - François Houtart
Orgue en effusion

Orgue en effusion

Abbaye de Maredsous (1872 – 2022)
Dimanche 25 septembre 2022 à 17:00

Préambule – Note d’intention 

 

Valoriser la musique de chambre autour de l'orgue classique d'église ou de concert en suscitant des nouvelles créations, voilà l'objectif que nous nous sommes fixé à l'occasion de cette nouvelle production d’Organum Novum qui se concrétisera lors de plusieurs concerts qui auront lieu en 2022.  Le premier concert se donnera à Enghien et sera repris ensuite ultérieurement dans d'autres villes comme Maredsous, Salzinnes, Bruxelles, voire à l’étranger (Milan, …).

 

Trois compositeurs se sont prêtés à l'expérimentation, Denis Bosse, François Houtart et Stéphane Orlando, chacun dans une démarche très personnelle qu'ils communiqueront à l'occasion d'une rencontre introductive au concert avec le public. Cette rencontre sera aussi l'occasion d'envisager les multiples enjeux contemporains qui ne manquent pas d’apparaître dès que l’on désire composer pour un instrument comme l’orgue qui est un des emblèmes de l’histoire et de la culture occidentale séculaire.

 

Les musiciens qui travaillent en étroite collaboration avec les compositeurs sont le contre-ténor Nicolas Ziélinsky, la flûtiste Renata Kambarova, le violoniste Maxime Stazyk et l'organiste François Houtart. 

 

Les œuvres

Lettre à la Fée Moka de Denis Bosse.
Cette pièce fait partie d’un ensemble d’œuvres en devenir dont le nom est « Lettre à lettre ». Par l’écoute, l’auditeur détourne la lettre musicale de son parcours direct vers le dédicataire, cependant, par cette même écoute, l’auditeur permet également à la lettre musicale d’exister, puisque écoutée, et donc de parvenir à destination.

Écrite à partir d’un poème de Bénédicte Brouillard cette lettre s’adresse au chat du café le Mokafé à Bruxelles. C’est une hétérophonie écrite à partir d’une ligne sonore initialement interprétée par la flûte puis, plus ou moins transformée et variée, superposée à elle-même. La fin est une spirale vocale depuis « Fée Moka » jusqu’à « Mokafé ».

 

Fée Moka

Le chat Moka a choisi le champ du qi

Qui est ce chat Moka au regard apeuré par la porte qui éternellement s'ouvre et se referme derrière le passant ?

Énormes soucoupes oculaires, rayures de grillades, il a choisi le champ du qi, bougeant sans arrêt, se délivrant du danger d'un chien lâché.

Qui est ce chat Moka apeuré ?

Il s'est enfui dans l'espace sous nos troncs penchés pour manger, allumant des torches sous la banquette pour mieux nous enfumer :

c'est une fée!

Bénédicte Brouillard

"Dans les rues"

 

Christus Rex de François Houtart est composé pour flûte traversière, violon et grand orgue. Cette pièce se base sur la Messe "D. N. Iesu Christi universorum Regis" dont les extraits suivant se retrouvent ici :
l'Introït : " Dignus est Agnus, qui occisus est, accipere virtutem, et divinitatem, et sapientiam, et fortitudinem, et honorem. Ipsi gloria et imperium in saecula saeculorum. " et " Alleluia ".

Les mélodies grégoriennes et leur texte servent tant de matériaux musicaux que de plan permettant d'enchaîner des ambiances différentes. En cela, le cœur de l’œuvre rejoint les pratiques des anciens dans les madrigaux et les motets de la Renaissance où les intervalles, l’harmonie et le contrepoint aussi bien que la rythsmique évoluaient dans un rapport étroit avec le texte.

Larsen Oratorio de Stéphane Orlando pour contreténor, flûte (+piccolo), violon et orgue dédiée à Denis Bosse. 25 décembre 2021.

Matthieu, 24 : 11. Plusieurs faux prophètes s'élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens.

Quand la communication est instantanée et illimitée partout — à l’exception de certaines régions du globe comme la Chine ou la Corée du Nord qui contrôlent cette liberté de parole — les thèses se polarisent de plus en plus vers un manichéisme ultra radical.

Dans cette masse d’informations, il est devenu très compliqué de vérifier chaque parole, et la confiance se voit placée dans les dires de figures charismatiques : un président, un journal télévisé, un influenceur humain ou électronique — un bot programmé pour publier des avis par le biais de faux profils créés en masse et sous une forme étudiée pour provoquer l’adhésion rapide—, etc.

C’est le nombre qui fonde la croyance —« Un million de followers ? C’est vrai alors ! »—, ou bien la formulation de l’énoncé —de préférence polémique, violent ou axé sur le sexe pour entraîner des « clics », le graal des réseaux sociaux !

Que faire de tout ce brouhaha ? Comment rétablir une approche critique des données ? Comment accéder à une information plus rationnelle que sensationnelle ?

Quand on considère à quel point l’opinion du plus grand nombre est l’enjeu primordial pour les pouvoirs dirigeants vers « une politique McDonald », comment faire confiance aux « vérités » que l’on nous vend constamment ?

Mais plus important, n’y a-t-il pas au moins un sujet brûlant qui devrait nous rallier tous et qui concerne directement la sauvegarde de notre espèce ? Car on en est là !!! N’est-ce pas évident que l’empreinte de l’homme sur le dérèglement climatique va causer notre perte à tous ?

C’est la seule prophétie en laquelle je puisse croire fermement ! Alors : « Sourds, écoutez ! Aveugles, regardez et voyez ! »

 

Les compositeurs

Denis Bosse Compositeur °Bordeaux – 1960 

Text Box: Photo ©Isabelle Françaix

L’œuvre de Denis Bosse est traversée d’une poésie mathématique intimement liée à ses études scientifiques qu’il termine avant de se consacrer pleinement à la musique.

Son travail se nourrit d’une relation profonde à la psychanalyse qui oriente sa musique vers l’écoute et l’adresse à l’autre. Il entame ainsi, au fil du temps une série de Lettres à... des amis, des musiciens, des artistes dans laquelle s’inscrit Lettre à la Fée Moka.

Denis Bosse est professeur d’Écriture à l’École Supérieure Arts2 à Mons et professeur de composition au CRR de Cergy-Pontoise. Il a enseigné l’analyse au Conservatoire Royal Supérieur de Liège et la pédagogie musicale à la Haute École Galilée à Bruxelles.

Ses œuvres sont créées en Belgique, en France, en Autriche ou au Canada par des formations et des solistes spécialisés dans la création musicale contemporaine.

 

Text Box: www.francois-houtart.eu

François Houtart, né à Bruxelles, commencera ses études d'orgue en privé avec Paul Sprimont et les achèvera par un diplôme supérieur (classe de Hubert Schoonbroodt) au Conservatoire Royal de Bruxelles. Outre diverses matières, il a également obtenu le diplôme supérieur de musique de chambre avec grande distinction et la licence en composition avec distinction (classe de Daniel Capelletti). Lors de stages, il a également reçu les précieux conseils et encouragements de Jean Guillou, André Isoir, Carlo Hommel, Montserrat Torent ou Yanka Hékimova. Lauréat du Concours d'orgue international de Freyming (F), il a donné /des concerts dans une quinzaine de pays européens, au Canada et lors de cinq voyages en Amérique latine.

François Houtart dirige des restaurations ou des constructions d'orgues, notamment à Bruxelles (Minimes, Synagogue, la Cambre, Auderghem, Saint-Antoine) et en dehors de Bruxelles (Eghezée, Blocry, Kraainem, Bois-Seigneur-Isaac).

Il a à son actif l'enregistrement de six CD et des émissions pour les radios belge et colombienne et sortira prochainement un double CD avec Lemmens et Moulaert.

François Houtart a enseigné l'Écriture musicale – Analyse, l’Histoire de la Musique à l'Académie de Musique de Waterloo et l'orgue à la Muziek Academie de Sint-Pieters-Woluwe (2017-2018). Il a donné des stages en Roumanie, en Belgique et en Amérique latine. Il est organiste au Prieuré du Très-Saint-Sacrement à Anvers.

S'investissant dans le chant grégorien, il a fréquenté les stages de Don Saulnier (F) et a dirigé la Schola grégorienne de la Basilique du Sacré-Cœur de Bruxelles de 1992 à 2009. Depuis 2013 il donne plusieurs stages pas an de chant grégorien et pose de voix à l'abbaye des bénédictines de Maredret (Maresdous).

À Breaza, en Roumanie, il a eu l'occasion de suivre les stages de composition avec Dediu, Nemescu, Peters et Rotaru. Avec «  Cor Sacratissimum  » il a été reconnu comme compositeur par la Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique (Ministère de la Culture). Son «  Hip Orgue  » opus 30 - associant l'orgue et des danseurs Hip Hop - a été créé en 2013 à l'Opéra de Liège et joué dans quatre pays européens.

Ces dernières années, il a créé diverses œuvres dont «  Tiento a San Andrés  » opus 32 à la cathédrale de Segovia, pièce jouée en Belgique ou en France dont à Notre-Dame de Paris, «  Retour sur Incises  », opus 31, avec le flûtiste Marc Grauwels, «  Sons et silences  » opus 34 avec le violoniste Claude Vonin, et, récemment, "Fantasia-Organum super Lauda Sion Salvatorem", opus 35,  avec Paul-Henri Fischler au hautbois, l'auteur jouant l'orgue. En juillet passé, Pascale Rouet a créé « Laudes Creturarum » au grand orgue de l’église de la Madeleine à Paris.

 

Depuis ses débuts au piano à sept ans, Stéphane Orlando compose et improvise. Il entre au Conservatoire Royal de Mons à quinze ans et y obtient un Premier Prix de Solfège, de Piano et d'Analyse-Écritures. Ensuite, il se consacre au contrepoint puis à la fugue au Koninklijk Conservatorium van Brussel, et Pendant cette formation, il étudie aussi la musicologie à l'Université libre de Bruxelles et se spécialise dans les rapports sons/images.

En novembre 2001, il devient improvisateur à la Cinémathèque Royale de Belgique où il acquiert une expérience d'accompagnement de plus de 500 films muets.

Président de la Société Belge d'Analyse Musicale entre janvier 2009 et mai 2016, il fonde notamment la Biennale d'analyse musicale en 2011. Il préside depuis 2015 le Forum des Compositeurs.

Aujourd'hui, Stéphane Orlando partage son temps entre son métier de compositeur, ses concerts d'improvisation, et l'enseignement de l'écriture musicale, de l'improvisation, du piano, de l'histoire de la musique et de l'informatique musicale.

 

Les interprètes

Après des études de violon Nicolas Ziélinski débute le chant au Conservatoire de Valenciennes. Il s'initie à la scène par le théâtre et l'art lyrique et obtient sa Médaille d'or mention très bien à l'unanimité. Il intègre l'École Normale Supérieure de Musique de Paris dans la classe de Daniel Ottevaere, il obtient une bourse d'étude BESTEGUI et le soutien de la Fondation ZALESKI. Nicolas Ziélinski a suivi également sa formation à l'opéra studio de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth de Bruxelles, où il s'est perfectionné notamment aux côtés de José Van Dam et d'autres artistes réputés.

Il est lauréat de plusieurs concours comme ceux de Verviers 2007 (Premier Grand Prix décerné à l'unanimité, Prix du public); de Levallois (Premier Grand Prix) et de Vivonne (Prix jeune espoir masculin, Prix du public, Prix des amis de « De Vive Voix »).

Il participe à de nombreuses Master-classes avec notamment June Anderson, José Van Dam, Helmut Deutsch, Jocelyn Dienst, Yvon Repérant et développe sa connaissance des différents répertoires et de l'exigence de la scène.

On a pu l'entendre :

Au Staatsoper de Berlin dans The Rake's Progress  (Baba the turk) de I. Stravinsky.

Dir. I. Metzmacher; mise en scène: K. Warlikowski.

Au Théâtre Real de Madrid dans un récital La folie et la magie des héros d'opéra de G.F. Händel.

dir. Eduardo López Banzo.

 À l'Opéra Royal de Wallonie (Liège) dans les œuvres:

Die Fledermaus  (Prince Orlofsky) de J. Strauss, dir. Dmitri Jurowski, Mise en scène: JL Grinda.

Paride ed Elena  (rôle titre Paride) de C.W. Gluck, dir. Filippo Maria Bressan. Mise en scène Andrea Cigni.

Fairy Queen  de H. Purcell, dir. Sébastien Rouland, mise en scène: Deda Colonna.

À la Monnaie de Bruxelles dans le projet Little England.

dir. Leo Hussain. Mise en scène: Frédéric Wake-Walker.

À Bruxelles pour la crétation du rôle titre dans Theseus  de Chris Christoffels en l'honneur de la présidence de la Grèce à l'union européenne en 2010 et pour la création du Stabat Mater  de Chris Christoffels en l'honneur de la présidence de la Suède à l'union européenne, dir. Michaël Guttman en 2009.

Dans de nombreux concerts et récitals comme le festival de Pietrasanta en Italie (dir. Michaël Guttman) ; le festival d'Ulgueira au Portugal ; le festival d'Egreville ; Stabat Mater  de G.B. Pergolèse ; Stabat Mater  de A. Vivaldi ; Carmina Burana  (le Cygne) de C. Orff ; concerts E. Satie ; La Belle Hélène  (Oreste) de J. Offenbach ainsi que dans le Requiem  de W.A. Mozart et de C. Saint-Saëns.

 

Renata Kambarova est née à Tachkent, en Ouzbékistan. Elle a commencé à étudier la musique à l’âge de six ans à l’école de musique V. A. Uspensky à Tachkent, en tant qu’étudiante dans la classe de flûte à bec d’Igor Arkadievich.

En 1999, elle s’installe en Belgique, où elle poursuit son apprentissage de la flûte à bec baroque avec Lisa van Muylecom et Jean-Pierre Boullet. Avant son entrée au Conservatoire, elle a participé à différents concours et a obtenu le 3e prix du concours JMusiciens, prix Concerts Permanents, et elle est également devenue finaliste du concours Dexia Classics.