piano solo
Back to the voice pour piano, a été composé en 1998, et créé la même année par Stephane Ginsburgh lors du festival Ars Musica.
Le titre, un peu paradoxal pour une pièce instrumentale, indique le projet du compositeur de prendre appui – avec une assez grande latitude – sur le modèle vocal. D’une part, la matière principale de la pièce se fonde sur deux figures qui découlent de la voix: un blason harmonique issu de l’analyse spectrale d’une phrase parlée et un motif mélodique calqué sur une esthétique vocale (ambitus restreint, rythmique calme respectant des temps d’inspiration). D’autre part, l’écriture ramène systématiquement les explosions pianistiques – en les transformant progressivement – à des textures inspirées de la polyphonie vocale (d’où le “back to…”: retour à…).
Du point de vue formel, la pièce se déploie comme la mise en œuvre d’un double processus contraire: une structure linéaire, sans retour, fondée sur une évolution harmonique irréversible s’oppose à une pensée circulaire de surface (recyclage permanent, forme apparemment ternaire, passages traités en récurrence parfaite, répétitivité floue). En définitive, il s’agit donc d’une spirale dorée (dont la section principale coïncide avec le seul silence de la pièce). Dans cet enroulement ininterrompu passent, comme des fantômes, des instants musicaux qu’on croit reconnaître, mais qui ne sont que les étapes plus ou moins ostentatoires d’un développement qui les traverse: temps qui se répète mais où s’efface irrémédiablement le familier.
J-L. Fafchamps (source : Ars Musica)
Créé par Stephan Ginsburgh, Ars Musica 1998. Enregistré pour Fuga Libera par Jean-Philippe Collard-Neven.